Système de retraite en Suisse : comment ça fonctionne ?

retraite suisse

Le système de retraite en Suisse diffère sensiblement des modèles observés ailleurs en Europe. Structuré en plusieurs niveaux, il impose aux salariés une participation obligatoire, tout en leur offrant diverses marges de manœuvre pour compléter leur couverture. Cette organisation s’inscrit dans une vision à la fois collective et individualisée de la prévoyance vieillesse. Voici comment fonctionne le système de retraite en Suisse.

La prévoyance étatique

Le premier pilier du dispositif repose sur l’AVS, l’Assurance vieillesse et survivants. Il s’agit d’un mécanisme étatique financé par répartition.

Concrètement, les cotisations versées chaque mois par les actifs financent les rentes versées aux retraités actuels. Ce système se veut universel et cherche à garantir à chacun un minimum vital, indépendamment du revenu perçu au cours de la vie professionnelle.

Les assurés peuvent s’informer sur leurs droits et les mécanismes de ce premier pilier via le site spécialisé https://www.troisiemepiliersuisse.info/, qui propose une approche pédagogique du fonctionnement de la retraite helvétique.

Les cotisations sont directement prélevées sur les salaires, en parts égales entre employeur et salarié, avec une participation complémentaire de la Confédération et des cantons.

L’AVS prend également en charge certaines situations spécifiques comme l’invalidité permanente ou le décès du conjoint. Pour bénéficier d’une rente complète, il faut justifier de 44 années de cotisation, sans interruption majeure.

La prévoyance professionnelle

Le deuxième pilier concerne la prévoyance professionnelle et fonctionne selon un principe de capitalisation : chaque assuré constitue un capital propre, destiné à être converti en rente une fois l’âge de la retraite atteint.

Ce mécanisme est obligatoire pour tous les salariés dont le revenu annuel dépasse le seuil fixé par la législation.

Les cotisations sont réparties entre employeur et salarié. La part patronale peut, si l’entreprise le décide, dépasser celle de l’employé. Le taux de cotisation augmente avec l’âge du salarié :

  • 7 % entre 25 et 34 ans
  • 10 % entre 35 et 44 ans
  • 15 % entre 45 et 54 ans
  • 18 % entre 55 et 64 ans

Le capital accumulé reste attaché à l’assuré tout au long de sa carrière, même en cas de changement d’employeur.

Dans certaines circonstances, il peut être débloqué avant la retraite, notamment pour financer l’achat d’une résidence principale, créer une activité indépendante ou quitter définitivement la Suisse et l’Union européenne.

La prévoyance privée

Le troisième pilier constitue un dispositif volontaire d’épargne personnelle. Il vise à compléter les revenus issus des deux premiers niveaux et à anticiper une baisse du niveau de vie à la retraite. Ce pilier se divise en deux formes : l’épargne liée (3a) et l’épargne libre (3b).

Le pilier 3a est destiné aux personnes affiliées à l’assurance-vieillesse et survivant. Les sommes versées ne peuvent être retirées que dans des cas bien définis, tels que l’achat d’un logement principal, le départ définitif de Suisse ou la création d’une entreprise.
Les montants versés peuvent, sous conditions, être déduits du revenu imposable.

Le pilier 3b, quant à lui, offre davantage de souplesse sur le plan des versements et des retraits, mais sans bénéficier des mêmes allègements fiscaux. Ce volet s’adresse principalement à ceux qui souhaitent une épargne plus flexible, hors des contraintes du cadre lié.

Pour les contribuables français, des alternatives nationales comme le Plan épargne retraite peuvent compléter cette stratégie.

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